Walking with the wind

Deux femmes marchent vers nous ou enfin vers eux, deux hommes qui leur font face
Elles semblent si loin, qu’on ne sait voir si elles viennent ou bien s’éloignent
L’une est vêtue d’une robe longue et claire qui flotte au vent ses mains battent
L’autre femme porte une robe longue sombre qui flotte aussi, ses mains pareilles

Elles marchent d’un pas sûr régulier sans pause l’air chaud plisse la terre ocre
Un désert voilà ce qu’elles traversent, loin quelques arbres peut-être une oasis
Elles marchent éloignées l’une de l’autre et pourtant se rapprochent toujours et
Elles vont les rencontrer c’est sûr puisqu’eux marchent face à elles au même pas
Mais elles s’arrêtent se font face se prennent la main et repartent, sens opposé

Deux hommes marchent vers nous, plutôt vers elles, les femmes qui leur font face
Ils semblent si loin qu’on ne sait pas voir s’ils avancent piétinent ou patinent
L’un est vêtu d’un maillot rouge et d’un pantalon noir il est chaussé de baskets

L’autre est vêtu d’un maillot bleu d’un pantalon ocre et porte aussi des baskets
Ils marchent d’un pas sûr sans pause régulier l’air chaud plisse la terre rougie
Un désert voilà ce qu’ils traversent au loin des montagnes cagneuses sans arbres

Ils marchent éloignés l’un de l’autre, et pourtant se rapprochent inexorablement
Ils ne vont pas les rencontrer elles, c’est sûr elles marchent dans l’autre sens
Ils ne vont pas se rencontrer, voilà ils se croisent, sans s’arrêter sans un mot

Luc Dall’Armellina

texte à contrainte de justification à 80 signes / ligne, selon une méthode chère à Lucien Suel, écrit dans l’atelier d’écritures de Joachim Séné le 19 mars 2014 au Grand Palais, d’après The encounter, 2012 (La rencontre), et Walking on the edge, 2012, (Marcher à la lisière) de Bill Viola.

=> écouter notre lecture simultanée avec Sophie Godinot 

http://relire.net/louvre-ouvert/spip.php?article104