L’esprit d’escalier

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un vaste escalier

ni en s ni en l mais en t
installe des regards croisés
le sentiment d’être vus
par un démiurge aux yeux multiples
vitres opales et verres dépolis dit le cartel
lumière blanche découpée découpante
pense le visiteur
qui pense à Alice de Lewis Caroll
à la distorsion du monde qu’elle connaît aussi
la rosace centrale on dirait une horloge
on y cherche des aiguilles
et on y trouve un leurre oblique
une barre d’un grand geste en travers
semble rayer l’idée de temps
passants nos corps sont appelés
à se fragmenter se tenir debout
les yeux levés est une affaire risquée
dans cet espace aux dimensions zébrées
des ovales décentrées s’articulent
au sein d’une serie de cercles
formant une spirale
chacune semble unique
ce quelles partagent ensemble
c’est vriller l’espace
c’est nier le temps
c’est abandonner la couleur 
vitres opales et verres dépolis certes
lumière blanche et pourtant
chaos de la vision
rien du vitrail ici
à moins que son esprit ?
c’est du dehors qu’on nous regarde
qui nous voit donc dans ces yeux
dont on ne supporte le regard
qu’au prix du déséquilibre
Alice ? et toi, comment fais-tu ?

luc dall’armellina, en atelier d’écriture avec Isabelle Garron et Joël Paubel – Le Louvre, novembre 2012, dans “l’esprit d’escalier” de François Morellet 2010