Ce 23 novembre 2025, avec G’ayrat et Fathiddine, nous avons un rendez-vous. Nous avions pris date le 15 septembre avec le petit groupe d’amis d’enfance de Fathiddine pour l’anniversaire de Nabi, car nous sommes tous les deux de novembre. C’était lors de notre Choy Xona (maison du thé). Cette fois, ce sera dans la maison de Nabi, dans le paisible village de Sukok, aux premières loges sous les montagnes toutes proches.
Passé le centre du village où on s’arrête acheter quelques fruits, on file une petite rue qui serpente gentiment entre les hauts murs de pisé des maisons, qui toutes, restent invisibles depuis la rue. On gare la voiture.
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Nabi est un hôte attentionné, il veille à chaque instant que tous ses convives ne manquent de rien. Deux de ses amis s’occupent de la cuisine aujourd’hui, lui de coordonner et de préparer et servir le thé et la Vodka qu’on boit dans de petits verres qu’on enfile ici comme des perles dans la cuisine extérieure abritée. Ils boivent chacun d’eux cul sec. Je fais traîner le mien en petites rasades avec des cornichons malossol délicieux parce que je sais que je ne vais plus tenir debout si je les imite, d’autant qu’on n’a pas encore commencé le repas…
On verra le petit Muhammad, son petit-fils de trois ans et sa belle-fille. Le petit a des cartes à jouer dans les mains, et répond timidement à G’ayrat qui lui parle avec son plus chaud et grand sourire. Ses réponses font rire sa mère, qui l’entraîne gentiment vers leur intérieur.
Nabi est un colosse au cœur tendre, son nom vient de l’arabe, mais se prononce ici « Nabè », c’est le surnom donné au prophète Muhammad dans la tradition musulmane. Une fois installé dans la salle à manger, assis sur un tapis, on peut étendre ses jambes sous la table, le dos calé sur un gros coussin appuyé contre le mur, le rituel des pains ronds et souples, déchirés partagés en petites parts à la main, ouvre le repas.
Nabé se saisit de la télécommande et charge un film sur l’écran géant. On y regardera, tout en mangeant, le film du mariage de son frère cadet. Tous ici avaient, à ce moment-là, entre 18 et 20 ans. Le mariage se passait dans cette maison, dans le jardin plus exactement, pendant l’été ou le printemps, ou le début de l’automne. Au moins trois cents personnes dansent, boivent, rient, c’est la fête. Il y a des regards croisés, surpris, heureux, pensifs, ailleurs, pleins d’énergie. Beaucoup d’entre eux, disent-ils à un moment, sont maintenant portés disparus. Nabè était un solide et beau garçon alors et attirait par son magnétisme, les regards des garçons comme ceux des filles. Moments suspendus et figés dans une vidéo VHS aux couleurs sur-interprétées des années 1980, même si nous sommes ici dans le tout début des années 1990. L’Ouzbékistan fait encore partie de l’URSS et s’apprête à prendre son indépendance, qui sera décrétée en 1991. Bon anniversaire Nabè ! Katta Rahmat pour ton accueil si chaleureux, à toi et à tes amis, et longue vie à vous tous !
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